Voici quelques réflexions, en grande partie reprises de mon intervention lors du Synode de juin 2026 :

Au vu de l’actualité parmi laquelle l’intelligence artificielle générative (qui n'a, soit dit en passant, rien d'intelligent, ni de scientifique) semble être sur toutes les lèvres, la croyance générale est que l’on ne pourra, à l’avenir, plus faire - que dis-je - plus vivre sans IA. J'espère, au travers de ces quelques mots, permettre quelques prises de conscience salutaires.

Il est désormais acté que le numérique en général et l’intelligence artificielle générative en particulier participent à la déshumanisation de nos sociétés et de nos relations. Si les réseaux dit "sociaux" amènent une nouvelle façon d’être en relation, l’intelligence artificielle générative envahit nos requêtes et tentent de s’immiscer dans nombre de nos tâches numériques. Et elle le fait en annihilant de façon croissante tout esprit critique et également notre libre-arbitre, au point que la moindre remarque à l’encontre du numérique et de l’I.A. est désormais taxée au mieux de techno-critique mais le plus souvent de technophobe. Permettez-moi de me porter en faux face à une telle vision, qui plus est binaire et, par là même, réductrice.

L'opacité crasse dont font preuve les entreprises qui éditent les intelligences artificielles génératives - que ce soit en utilisant des start-up paravent (à se demander pour cacher quoi !), que ce soit par la non communication des coûts réels d'investissement (parce que l'intelligence artificielle générative coûte extrêmement cher, pensons p.ex. au matériel nécessaire : des serveurs, des câbles, des puces, une consommation délirante d'électricité et d'eau, et j'en passe), - devrait prioritairement nous alerter. À aucun moment, il ne faut oublier que ces entreprises n'oeuvrent pas - jamais - pour le bien de l’humanité ; quoiqu'elles en disent, leur seul et unique et réel objectif est de gagner de l'argent sur le dos de toutes et tous (personnes, états, institutions, etc.) tout autre objectif affiché n'étant qu'un leurre.

Et je ne m'étendrai pas sur le pillage - qui plus est, à grande échelle - de données, aspirées sans vergogne pour alimenter d'immenses bases de données.

Pire encore : sous couvert du pseudo et mensonger «tout-automatique», des humains sont exploités (les fameux travailleurs de clic, payés quelques centimes à comparer et à cliquer des listes de termes pour les valider, ou non, autrement dit l’esclavage 2.0, sans même parler de cette réalité bien connue d'enfants travaillant dans des mines pour l'extraction de métaux rares, nécessaires à la conception de nos machines et autres téléphones dits intelligents). Nous ne pouvons décemment imaginer participer aux écocides et contribuer à l'augmentation de la paupérisation, tout en soutenant par ailleurs le DM, l’EPER et d'autres ONG.

Je le crois profondément : notre mission de réenchantement du monde et de porteuses et porteurs d’espérance nécessitent notre pleine humanité, loin des idéologies techno-capi-fascistes.

Quelques lectures pour approfondir le sujet :